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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /Juin /2006 18:37

undefined Comme chaque année dans notre petite ville se tient la Bourse Internationale des Minéraux. Et 2005 n’a pas échappé à la tradition. En tant qu’habitante, je déambule volontiers dans les rues envahies de touristes et ponctuées de chapiteaux blancs. Le porte-monnaie s’ouvre de lui-même devant tant de beauté. De magnifiques bijoux pour tous les goûts, mobilier et objets décoratifs taillés à même la pierre, découvrant éclats de préciosité et fossiles extraordinaires.

 

Mais cette fois-ci, j’ai eu la chance d’accompagner une classe de CM1, confiée à des animateurs qui nous ont fait revivre aux temps de la préhistoire.

 

undefined Assis sur une peau de bête, nous avons pu observer un biologiste qui nous expliquait comment faire du feu sans briquet ni allumette. Procédé complexe qui a éteint dans nos esprits crédules le mythe du silex enflammé. Pour faire du feu, il faut d’abord un champignon. Un de ces spécimens qui poussent autour des troncs d’arbre. Avec un tranchant, on en coupe de petits bouts que l’on essaye de réduire en poudre. Ensuite, à l’aide d’une pierre, on frotte un morceau de pyrite, juste au dessus de la poudre de champignon. Frottée par l’autre caillou, la pyrite chauffe et de petits éclats étincelants tombent sur la poudre qui a la propriété de s’enflammer facilement. Une odeur de souffre et un fin filet de fumée, à peine visible, se dégagent. On souffle doucement pour attiser. La fumée s’épaissit alors et on y dépose des petits cubes de champignon qui vont se consumer, formant ainsi une petite braise.

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On place ensuite un long mais fin fagot de paille sur le sol. On place la petite braise en son centre. On replie une extrémité de paille sur l’autre et on la tord pour former comme un manche. Pour ne pas étouffer la braise, avec des mouvements du bras on fait aller lentement le manche dans les airs. L’oxygène pénètre dans les brindilles. Le mouvement des bras se fait de plus en plus rapide jusqu’à ce qu’une grosse bouffée de fumée s’empare de l’air alentour… et les flammes apparaissent.

 

undefined Mission accomplie. Nous pouvons ensuite nous diriger vers une autre activité largement répandue à l’Âge de Pierre : la peinture pariétale. Cette pratique artistique a permis aux savants de mieux comprendre le quotidien de nos ancêtres caverneux. Scènes de chasse, représentations d’animaux en captivité leur ont permis, entre autres découvertes, de différencier la préhistoire en deux grandes ères : le paléolithique et le néolithique. Mais cela, les élèves l’ont déjà appris en classe au début de l’année. Il manquait la mise en situation. Une brindille en guise de pinceau, un support en bois, des pigments naturels… c’est tout ce qu’il nous faut.

 

Mais comme aujourd’hui, être artiste ne suffit pas pour vivre ; et les hommes préhistoriques avaient besoin d’outils pour leurs différentes tâches… Des aiguilles taillées dans l’os pour coudre des vêtements en peau, préalablement raclés à l’aide d’un racloir et taillées sur mesure à l’aide d’un tranchant. Cependant, avant de dépecer la bête, il aura fallu la tuer ! Avec des lances faites de manches en bois au bout desquels sont fixés des bifaces. undefined

 

Et tailler un biface, c’est pas facile ! Pour cela, il faut un morceau de silex. A l’aide d’un autre caillou où os solidifié, on casse le silex en gros éclats. On en prend ensuite un morceau et on lui donne la forme voulue en produisant des éclats plus petits. C’est difficile et fastidieux. Puis, pour que l’outil soit efficace, il faut qu’il soit coupant. Les bords des deux côtés du biface sont repris et retravaillés jusqu’à obtenir satisfaction.

 

undefined Ensuite, d’apprentis archéologues ont pu fouler le sable, munis de pinceaux, de brosses à dents et de balais pour mettre à jour des œufs de vélociraptor, un crâne d’allosaure, griffes et squelettes fossilisés ; afin de comprendre par quels moyens a été construit le savoir que nous apprenons tous sur les bancs de l’école.

 

S’ensuit une évasion vertigineuse dans les méandres galactiques. Le cosmos… les astres… puis la Voie Lactée  ses planètes, dont la Terre et son satellite. Stupeur et tremblements… Voici une nouvelle qui fait du bruit dans les têtes d’enfants de 10 ans : le Soleil, qui fait la joie de nos étés, ne le fait pas à n’importe quel prix ! Son rayonnement n’est dû qu’à la projection hors de lui-même d’énormes boules de feu. Ainsi, il perd de sa masse à chaque instant et finira par disparaître, emportant avec lui l’attraction qu’il exerce sur les autres planètes gravitant autour de lui. Donc, la Terre s’égarera de l’orbite dans laquelle elle virevolte depuis des siècles et des siècles. Les élèves ont pris conscience qu’alors, la Planète Bleue est elle aussi, vouée à mourir. Rien n’est éternel. undefined

 

Mais la galaxie fait l’objet de nombreux autres intérêts. Les météorites, par exemple. N’est-ce pas extraordinaire ? Pouvoir palper de ses doigts quelque chose d’aussi insignifiant qu’un caillou, mais en provenance de l’espace ? undefined

 

Place ensuite à l’observation de la complexité de la structure diamantaire à l’aide de microscopes. Figures géométriques et diagonales entre molécules explique enfin de façon satisfaisante pour quoi le diamant est réputé si dur. Tellement dur que certains professionnels s’en fabriquent des outils.

 

undefined Pour finir cette journée, une activité pour le moins attrayante : chercheur d’or est un métier facile à exercer… Pour peu que l’on soit patient. Très patient ! Un véritable chercheur d’or nous révèle ses secrets, dont celui-ci qui n’est pas tombé dans l’oreille de sourds : les profondeurs terreuses et sablées du Rhin contiennent des particules aurifères. Notre homme nous enseigne ensuite la technique : un mouvement circulaire du bras permet au sable déposé dans une assiette de tourbillonner sous quelques centilitres d’eau. Peu à peu, on évacue l’eau avec chaque fois, un peu de sable. Finalement, grâce à sa masse, différente de celle du sable et de la terre, l’or stagne, dans le creux de l’ustensile en métal. Il faut avoir l’œil, les grains d’or sont aussi petits que les grains de terre et de sable.

 

Les élèves se voient déjà passer leurs vacances au bord du Rhin et en revenir richissimes. Ephémère, la pensée. Evanoui, le rêve : il y a environ 5 à 8 grains d’or par action… Il faut 1000 grains pour avoir 1 gramme d’or. Et ce gramme ne vaut pas plus d’1 euro. Peut-être vaut-il mieux continuer l’école et passer au CM2.

 

Par Gribouille - Publié dans : RTT
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