Un des monuments de la ville que je préfère, c’est celui-là…
Le théâtre municipal. Pourquoi ? Je ne sais…
Peut-être parce que j’ai eu l’occasion à maintes reprises d’y passer des moments de joie à vivre spectacles en tous genres depuis le balcon… Et d’autres en pleine lumière sur le devant de la scène, à effectuer des sauts de biche en tutu et pointes ou à souffler avec force dans ma flûte traversière.
Mais… les meilleurs moments, je les ai sans conteste passés dans les coulisses, en attendant mon tour. Enfin, je dis dans les coulisses, c’est pas tout à fait vrai ! J’ai toujours adoré me cacher, et dans le théâtre, c’est carrément un sport ! On peut se promener sous la scène à entendre les bruits de pas du dessus, à espionner les pieds des spectateurs par l’interstice de la fosse… A faire du skate board géant avec les diables servant à déplacer le matériel, dont un piano à queue. On peut aussi déambuler entre les rideaux, pour voir le spectacle sous des angles différents… Et tout ça, bien sûr sans jamais être vu du grand public. On peut sauter entre les câbles du son et de la lumière…
Mais il y a un endroit sensationnel… En montant les escaliers, il y a une petite porte, qui, si on l’ouvre sans la faire trop grincer, nous permet d’observer la scène d’en haut. Et le summum du summum… c’est le toit ! En continuant de monter les escaliers qui tournent et tournent et retournent encore, si on ne craint ni le guano ni les marches en bois pourri, on se retrouve nez à nez avec une petite porte de bois, qui elle aussi grince. On ouvre le loquet de fer et on se retrouve sur un balcon de toit. Et là, la nuit, on peut s’asseoir et compter les étoiles.
Ca, c’était pour la petite histoire. Maintenant pour ce qui est de l’Histoire…
Le théâtre emprunte son look au courant wilhelmien, teinté de nuances néo-Louis XVI. Et c’est entre 1906 et 1908 que Gustave Oberthur, architecte strasbourgeois, a imaginé et édifié avec l’entreprise Schroth ce bâtiment qui a fait mes joies culturelles enfantines.
En montant les marches extérieures du théâtre, on a le choix entre 3 immenses portes, qui, si on les ouvre laissent place à un hall couleur crème de café qui abrite un petit guichet. Et derrière lui, deux magnifiques escaliers latéraux qui donnent accès au balcon et à la petite salle de conférence, aujourd’hui reconvertie en cinéma.
La salle et le balcon peuvent accueillir quelque 520 postérieurs, venus admirer ce qui se passe sur la scène dès que le rideau vert émeraude se lève… Enfin, au mieux, on a déjà eu des fois où il n’a pas voulu se lever, pis une fois levé, pas voulu redescendre…
Tout autour de l’édifice, la lumière traverse des vitraux représentant des symboles du monde artistique.
Ah oui, j’ai oublié de dire qu’en entrant, à gauche du guichet, il y a une petite garde-robe, qui n’est plus utilisée aujourd’hui que pour les jeux de cache-cache des enfants d’artistes. Et à droite, le bar, qui lui, est toujours visité, naturellement !
Lors de la Première Guerre mondiale, le cœur gros comme ça, le théâtre a été reconverti en hôpital militaire. Aujourd’hui, il est le lieu des manifestations culturelles et sportives… Mais avant la Seconde Guerre mondiale, il était réputé pour ses bals carnavalesques ! Et pis fin des années 50, j’vous dis pas les fiestas ! Nan, j’vous dis pas, j’étais pas née, mais on me l’a raconté de source sure. Aujourd’hui, ça s’est carrément éteint, mais avec Li Bouchtorgnans, fort à parier qu’une nouvelle apogée de la fête est entrain de fleurir ! A coup sûr ! Chaque année, des tas de Sainte-Mariens viennent y danser, et y a de toutes les classes sociales, de tous les âges, de toutes les ethnies. Et ça danse ensemble ! Et c’est ça qui est beau !!!
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