Un mercredi de balade agréable au Maettlé, dans la propriété privée du bonheur, où l'habitante met à disposition d'une
quinzaine d'artistes son terrain et jusque sa maison... Leurs oeuvres sont exposées, au sein même de la nature... Cette manifestation éphémère a lieu chaque année début juin. Merci Anne-Catherine
pour m'avoir fait découvrir tant de créativité.
Sans titre, par Audrey GLEIZES
Cet élément,
posé au milieu d'un espace naturel, se présente par son aspect comme le détenteur d'un secret qui appelle la curiosité, un écrin feutré de bonheur.
Sa géométrie et son absence de couleur évoquent la présence de l'homme dans la nature. Car la recherche du bonheur passe par l'élimination systématique des éléments naturels ou artificiels ne correspondant pas à cette idéalisation du bonheur.
Cette recherche étant quelque chose de purement culturel et humain, cet élément antinaturel se présente comme une allégorie de cette quête mentale.
Cette installation représente l'état limite où il s'agit de rester en contact avec la réalité sans y prendre part directement et de l'appréhender alors différemment par l'observation ; tout en ayant accès à une fenêtre sur la réalité altérée par une perception subjective.
Et si le bonheur se trouvait dans l'appréhension de cette limite entre réalité admise, collective et réalité personnelle ?
Le « Bonhimètre », par WONDERBABETTE
Un arbre à mots,
où l'on peut dénicher des effluves de bonheur que l'on peut cueillir le temps d'un instant ou d'une heureuse girouette verbeuse pour des bravades heureuses, pensées au goût de miel qui nous font
toucher le ciel des mots, des boniments, des verbes posés élégamment, qui se parlent, qui se touchent et font mouche près de nos bouches. Wonderbabette fait appel à votre imagination et votre
regard pour mettre des mots sur cet impalpable sentiment, au gré de vos humeurs, au gré de vos regards, au gré de vos expériences et du hasard. « Le bonheur est quelque chose qui se
multiplie quand il se divise » (Paulo COELHO)
Le bonheur est dans le prêt, par Olivier KRUMM et Pauline JULIER
Un
bonheur consumériste à la portée de tous : voilà ce que garantissent la consommation et le prêt bancaire. Un bonheur d'une facilité à nous faire perdre le sens des choses. Olivier Krumm et
Pauline Julier, dans un aller-retour fécond entre « l'être » et « l'avoir », questionnent l'utilité du bonheur matériel. Les objets, ancrés dans des définitions à portée quasi
universelles, sont extraits d'un quotidien d'une morne banalité pour nous interpeller sur ce que nous pensons être des vérités immuables. La place du spectateur est primordiale dans la
construction de l'espace de l'oeuvre : l'incongruité des situations soulève des alternatives qui bousculent l'approche première que nous avons de notre environnement.
Bonheur de la mousse, bonheur de l'homme, par Eizo SAKATA
Faites
le bonheur de la mousse en
l'aspergeant d'eau. Elle vous sourira en
changeant de couleur et d'aspect. Même l'arbre mort à son côté commencera à faire battre son coeur. Si le bonheur de la mousse vous semble trop simple, peut-être que le notre est aussi simple que
le sien.
L'igloo de mousse a été conçu et réalisé sur place sans projet préalable.
Cette démarche de création in situ est, pour moi, très importante. En somme, c'est un bonheur de rencontre avec le lieu.
Pilotis, par Paul SOUVIRON
Une cabane perchée au
dessus d'une vieille souche. L'arbre et la cabane sont généralement indissociables.
L'arbre est le pilier de la cabane. Ici, l'arbre est mort et la cabane devient la structure fondatrice qui entoure la souche pour mieux la révéler et lui permettre d'exister.
Quand on passe la tête dessous, on voit l'intérieur de la cabane qui est entièrement peint en noir, sous le toit et la charpente, un grand nombre de diodes forment une sorte de constellation. Les fils sont apparents et dessinent un réseau qui ramène cet univers naturel dans un espace plus contemporain, numérique.
La sculpture transporte ainsi l'idée de « bonheur » dans les rêves que l'on fait, que l'on projette.
A la recherche du bonheur, par Gabrielle de COUDENHOVE
Cabrielle de COUDENHOVE propose des installations
plastiques relationnelles dans la lignée des réflexions développées par Nicolas BOURRIAUD. L'artiste recherche une participation active et tactile pour rassembler et faire naître des relations
interhumaines. Dans un élan humaniste revendiqué, elle choisit la voie de l'interdépendance pour faire fonctionner ses oeuvres. L'échange, le partage, la convivialité sont engendrés par une
naïveté insouciante non dissimulée, une fraîcheur enfantine dont les symptômes sont l'utilisation de crayons de couleur, de découpages aux ciseaux et de ruban adhésif...
Pour toujours heureux et contents, par Natalia SAURIN
« Il était une fois... » ou comment les contes de fées forgent notre inconscient à la quête effrénée d'une harmonie sans fin. Natalia SAURIN sonde l'imaginaire collectif à
la recherche de stéréotypes prêts à l'emploi, dont le but prétend nous indiquer la voie du bonheur. L'artiste utilise la vidéo, la photographie, les installations pour dénoncer avec une pointe
d'ironie la rencontre tragique du conte et de la réalité. Dans un temps en apesanteur, bien réel, le développement d'un soi idéal se heurte à l'inaccessible perfection des images.
Quand l' « happy ending » n'est pas au rendez-vous, les énergies vitales s'épuisent dans le cercle vicieux de l'autodestruction : Blanche Neige s'enfonçant dans le sol se pose en parfaite victime de sa propre perfection.
Sans titre, par Jérémie BOYARD
Face au capital
disponible de la société urbaine, Jérémie BOYARD détourne, agrandit ou déforme des éléments issus de la culture globale. Tirant parti de formes et de contenus pluridisciplinaires, incrustant ses
observations par des mouvements d'assemblage, l'artiste joue un rôle de « révélateur » de l'espace dans lequel il est invité à intervenir.
Le chemin de félicité, par WONDERBABETTE et les écoles.
Ce sont les écoles de :
BREITENBACH,
GUNSBACH,
HOHROD,
LOGELBACH,
LUTTENBACH,
METZERAL,
SONDERNACH,
SOULTZBACH LES BAINS,
STOSSWIHR.
Traces de bonheur, par Olivier HUET et Margrit NEUENDORF
Mai 2008
la mairie de Stosswihr publie un communiqué révélant le passage de nuages à coloration rose fortement marquée. La vallée d'Ampfersbach a été plongée quelques instants dans un halo fuchsia très
pâle. S'agirait-il d'un passage de nuages de bonheur ? Un spécialiste de météorosologie est consulté. Son diagnostic est formel, les nuages sont de type « felicinimbus », appelés
communément « nuages porte-bonheur ».
L'agence « Rose est la vie », spécialisée dans la détection et la révélation de traces de bonheur, est alors appelée à se rendre au Maettlé, où la densité nuageuse est apparue comme la plus importante sur la commune.
Après inspection du site et analyse de l'environnement, nos deux spécialistes « révèlent » les traces de bonheur détectées, car, nous disent-ils, si le bonheur est partout, il est invisible ; seules se matérialisent les traces de son passage.
Après la fête, par Vinca SCHIFFMANN
Vinca SCHIFFMANN
s'intéresse à la peau, organe contenant tous les autres, les maintenant, les rassemblant, faisant de notre corps un tout individuel. La peau identifiable, reconnaissable, inimitable sur les
empreintes digitales, identitaires donc. Ses installations présentent des robes, façonnées d'après des patrons de la Re(-)naissance dans des tonalités et des aspects chair, qui sont en lévitation
et prennent ainsi une dimension « métaphysique » paradoxale pour des « enveloppes ». On y lit tout à la fois l'absence de corps, enfoui, désincarné, et la puissance du charnel
contenue dans l'apparence.
Ses matériaux de prédilection sont le plastique, le latex et la ouate, à l'essence molle, qui ne s'érigent pas contre la pesanteur mais se soumettent volontiers aux forces de la nature. Vinca SCHIFFMANN évoque un monde ou ce n'est pas l'âme qui s'élève, mais la peau.
Les instants de bonheur, par Laurence KIMMEL
Les
recherches artistiques de Laurence KIMMEL se situent dans le prolongement de sa thèse de doctorat intitulée : « Des repères poétiques : propositions pour une perception de l'architecture par
repères comme mode d'habiter l'espace ». S'appuyant sur les écrits du philosophe français Henri MALDINEY, elle identifie des repères poétiques qui orchestrent notre perception de
l'espace.
L'artiste réalise des aménagements paysagers et architecturaux en tant que dispositifs spatiaux : les oeuvres nous apprennent à voir et à vivre les phénomènes spatiaux, et donc façonnent notre regard sur le paysage. Le sens de ce dispositif concerne en particulier le lien au site, considéré à différentes échelles spatiales et temporelles.
Condition Heur, par Philippe ALLIOUX
Aujourd'hui,
notre bonheur est dans la consommation. « On est heureux à condition d'avoir... ». Dans son travail, Philippe ALLIOUX s'intéresse aux rapports que l'homme entretient avec les machines.
Il crée des machines aléatoires ou à fonction détournée pour souligner l'aberration de nos comportements et inspirer une critique sociale.
Famille idéale, par Frédéric GARNIER
Le travail de
Frédéric GARNIER est un ensemble d'interrogations sur la condition physique, éthique, psychologique, spirituelle et philosophique de l'homme d'aujourd'hui.
Cette réflexion passe par divers processus plastiques qui tendent tous à une représentation de l'homme. Ceci donne lieu à des dispositifs conçus pour faire réagir le spectateur.
La « boîte » est le réceptacle plastique choisi pour toutes ses recherches. A la fois objet industriel et commercial, il est également le dernier lieu de transformation du corps et de l'être en devenir.
« Le bonheur est dans le pré / Une famille idéale » est une vision particulière d'une future famille idéale, dans laquelle chacun sera choisi sans hasard aucun.
Le bonheur, par Morgane LE GUILLAN
Morgane LE GUILLAN développe une oeuvre qui tisse des rapports singuliers avec le corps, son image, son intimité et les relations que celui-ci entretient avec l'imaginaire scientifique. Puisant à la fois dans l'univers des sciences du vivant et dans celui plus personnel de l'identité féminine, elle conçoit des oeuvres sur le fil, entre attirance et répulsion. Réseaux de désirs et de peurs entremêlées où il est souvent question de maîtrise du corps, de contrôle de son corollaire, une sorte de résistance de celui-ci. Le corps se dérègle et s'échappe. Conçues par l'artiste comme des embrayeurs à fantasmes, des stimulateurs, les oeuvres prennent le spectateur au piège de ses perceptions. Ambiguïtés...
La chambre de la mariée, par Annick PICCHIO
La
mét
amorphose de l'espace par le volume
et la lumière constitue un des fils rouges du travail plastique d'Annick PICCHIO. Par l'accumulation de petits papiers blancs, elle crée un effet de théâtralisation
à situer dans le champ de l'esthétique relationnelle. L'espace fonctionne comme un refuge pour le public. Un espace qui se veut tour à tour lieu de quiétude ou d'appréhension mais toujours un
espace propice à l'expérience sensorielle.
Inventaire, par Cécile CACHARY et Caroline FONTAINE
Cécile CACHARY et Caroline FONTAINE n'ont pas choisi consciemment d'étudier le corps mais ce sujet, peut-être banal, reste universel. N'est-il pas notre premier instrument de mesure, notre premier référent pour que l'on souhaite encore et toujours l'explorer ? Bien que leurs cultures et leurs personnalités soient différentes, une porosité formelle est apparue progressivement. Est-ce leur longue amitié qui a crée ces passerelles ? A n'en pas douter, mais au delà, c'est la transversalité plastique de leurs recherches et le dialogue qui s'en est suivi qui leur a permis de mêler leurs travaux.
Cécile DACHARY nous parle du corps après l'observation de sa propre généalogie féminine qui l'amène à questionner les techniques ancestrales de « L'ouvrage pour dame ». En malmenant cette deuxième peau qu'est le tissu, en le teignant, en le déchirant, elle donne à voir la marque du temps et, non contente d'utiliser ce support archaïque, elle y juxtapose des photos numériques mêlant éternité et contemporanéité.
Caroline FONTAINE travaille à l'encre sur papier (matériaux classiques de ses origines vietnamiennes). Elle aussi évoque le corps et son aspect biologique (son intimité) pour tendre vers le corps dans son entier (son aspect sociologique). C'est aujourd'hui l'homme dans son biotope qui la préoccupe : sa situation dans la ville, son rapport à une nature qui se fait rare. Ses recherches plastiques n'hésitent pas à faire un va-et-vient entre l'abstraction narrative et la figuration.
Ici et maintenant, par Benoît DECQUE
Issu d'une
école d'architecture, Benoît DECQUE joue des installations « paysagères » appelées à être investies par le spectateur. Le matériau brut se fait l'agent d'une poésie minimaliste dont la
valeur symbolique ne se vit que par la rencontre, intime, avec le spectateur.
Le pivot de la démarche artistique de B. DECQUE est « une certaine idée du partage » : chacun est libre de s'approprier, ou non, un fragment de l'oeuvre de l'artiste. Ce faisant, le choix de l'artiste s'annule au profit d'une symbiose accomplie avec l'oeuvre. Comme si elle était notre propre création...
Sans titre, par Luc KERLEO
Luc KERLEO
travaille essentiellement avec du son. Comparé au visuel, le son est, selon lui, une manifestation discrète. Une de ses préoccupations, est de rendre un propos présent sans avoir à recouvrir et
cacher une part du réel avec ce propos. Son rapport personnel au réel passe par le sonore, via une pratique de l'écoute. Cette pratique de l'écoute l'amène à développer des structures de pensée
et de réflexion qui complètent la perception culturelle de ce qui nous entoure basée essentiellement sur le visuel. L'histoire et l'actualité des arts visuels (peinture, sculpture,
installation...) constituent, pour cet artiste, les références fondamentales sur lesquelles s'appuient ses créations sonores.
