Chapitre I : Prémices d’un rêve
Chapitre II : Neighbourhood
Chez Kathy et Larry
Cleveland
Sqwamish reserve
Downtown
Chapitre III : L’Asie à portée de pas
Chapitre IV : L’océan Pacifique
Chapitre V : Les canyons et forêts
Chapitre VI : Les montagnes
Chapitre VII : Victoria
Chapitre VIII : Les parcs et musées
M.O.A. : Museum of Anthropology
B.C.M. : British Columbia Museum, à Victoria
Stanley park
Chapitre IX : A little bit of fun
Chapitre I : Prémices d’un rêve
J’ai découvert la ville de Vancouver, B.C. le 3 février 2005 avec de la marmelade à la place du postérieur, des abeilles dansant le quadrille dans les oreilles et des yeux hagards dont les paupières imitaient des claquements de volets un soir de tempête. Résultat de dix heures trente passées à contempler un écran géant, enfermée dans tube traversant les nuages. Une minerve au cou et une valise de 19 kg en prime. Pour couronner le tout, une cascade de pluie nous attendait.
Sur la route, dans le school bus qui nous emportait de l’aéroport vers un point de rendez-vous, je songeais aux péripéties qui s’étaient déjà faites nôtre depuis moins de 24 heures…
Huit heures trente, Strasbourg, place de la gare en travaux, embarquement dans un bus de la compagnie Lufthansa. Dix kilomètres plus loin : problème technique, nous changeons de bus. Et dans ce confinement nouveau, stupeur et tremblements ; certains trouvent que notre véhicule ronronne anormalement, d’autres pensent qu’il tangue comme le Titanic… Enfin, l’aéroport de Frankfurt se dessine à onze heures trente-cinq. Pour un débarquement à douze heures vingt-cinq, c’est le speed total. A l’enregistrement des bagages, on nous fait savoir que peut-être nos valises partiront le lendemain avec le prochain avion… Panique à bord. Sauf pour moi : mes parents ayant déjà fait l’expérience d’imprévus m’avaient recommandé de mettre une tenue de rechange dans le bagage à main. Heureuse de les avoir écoutés… Pour une fois !
Embarquement. Hall A 60, terminal 1. Comme pour nous faire
remarquer notre abus de temps, les couloirs semblent s’allonger pas à pas. Plus nous courons, moins nous avançons. Sensation bizarre au creux de l’estomac. Boarding pass. Il est douze heures
quarante. Je suis la dernière à l’embarquement. Les autres sont passés. Des coups de fils incessants et trois hôtesses qui s’engueulent. Paroxysme de l’exercice, en allemand. Je ne comprends
rien. J’ai l’impression que mon cœur se décroche et qu’il se perd dans les méandres d’un corps en sueur. J’ai peur : devrais-je passer la nuit sur un banc et attendre le prochain vol ?
Et toujours ces coups de téléphone. Chaque sonnerie martèle une idée nouvelle dans ma matière grise, plus noire que la précédente, et plus limpide que la suivante. Au terme d’un supplice atroce,
on me fait signe de passer. Comble de cet entraînement psychologique, en me voyant arriver, le pilote ferme la porte. Puis il l’ouvre à nouveau et se marre. C’était une plaisanterie. J’ai envie
de lui sauter à la gorge et de la trancher net, mais faisant preuve d’un sang-froid et d’une lucidité incroyable je contrôle ma pulsion. Eh oui… Sans pilote, comment arriverions-nous en
Amérique ? Pas grâce à moi. Bien sûr, ma place est prise. Je dois trouver la dernière place de merde dont personne n’aura voulu. Mes yeux voguent de sièges en sièges en quête de récompense.
Je ne croise que des regards agacés : rouge comme un coquelicot, je prends conscience que je représente la raison du retard de l’avion. Perdue, je trouve enfin le fauteuil qui me supportera.
En plein milieu d’une rangée. Je vais devoir, horreur, obliger des passagers à se lever… Et je m’affale.
Chapitre II : Neighbourhood
Chez Kathy et Larry
Un écriteau géant et clignotant indique : « superstore ». Ah oui, le point de rencontre. Je sors de mes rêveries et je découvre le visage serein, accueillant et chaleureux de Larry. J’habiterai chez lui. Avec Kathy, sa femme et Alexis, sa fille. Nous grimpons dans un minivan en direction des Highlands. Nous habiterons dans les montagnes, juste en dessous des pistes de ski.
Sur le chemin, un constat étonnant : les maisons semblent plus petites que les véhicules. Explications : la plupart des bâtisses, en bois préfabriqué n’ont qu’un seul étage, très rapprochées les unes des autres. Et devant, des 4x4 en voie de devenir de véritables monster-trucks.
Nous remontons Edgemont road et enfin, Sunset. Je
découvre avec admiration une petite maison de princesse. A l’intérieur, c’est encore mieux : un salon avec un canapé couleur nuage et au milieu, un piano noir. Y succèdent deux autres petits
salons : un pour se divertir devant un écran, l’autre pour boire un café… ou autre chose. Et puis, la cuisine. Dans les tons bleus et rouges, un plan de travail au centre. D’emblée, je
décidai que ce serait elle, ma pièce préf
érée.
Et puis en haut, ma chambre. Une petite chambre rien qu’à moi où un lit recouvert d’un immense plumon m’attend en souriant. Mais… pas ces plumons qui font un bruit de sachet de supermarché, comme
il en profuse aujourd’hui. Non, un vrai plumon de grand-mère. Je m’y allonge et
j’ai l’impression d’être un ange. Un ange affalé dans les douceurs cotonnées des cieux.
« Maryline ! » La voix de Larry, elle, est bien sur terre… Je descends des cieux en même temps que des escaliers. Je fais la connaissance de Kathy qui se morfond en excuses : elle ne sera pas des
nôtres au dîner de ce soir. Et là, tout de suite, en les regardant, je sais que je
regretterai de partir, que je serai triste de les quitter à la fin de mon épopée.
Et puis, Larry nous invite à chausser les chaussures dont nos pieds portent
encore les plis pour faire le tour du pâté de maison. Il fait presque nuit et on ne distingue que les lumières aux formes fenêtriques. Tout est beau, j’ai la sensation agréable qu’ici, rien ne
peut arriver. Je me crois plongée dans un de ces films du style « Denis la malice » où « Maman, j’ai raté l’avion ». Vous savez, ces quartiers paisibles où on laisse les
portes ouvertes car à part un courant d’air, rien ne risque d’y entrer, même pas le chat de la voisine.
La légèreté des draps et un rêve qui se forme tout doucement m’ont plongée dans un sommeil aux profondeurs célestes. Pourtant, dehors, des vents de 70 km/h sillonnent les rues, renversant tout sur leur passage. Même les lignes électriques. Alors, au petit matin, petit déjeuner à la bougie. Je m’assois devant une salade de fruits géante, des gâteaux aux raisins secs, du thé et du jus d’orange. Pendant ce temps, Larry est sorti cuire le bacon sur le barbecue. Summum du festin. J’appréhende, mais c’est délicieux. Toute la graisse est partie, il ne reste que le croquant et le bon goût du bacon grillé. On dirait du chocolat.
Cleveland
Il y a longtemps, me raconte Kathy, les quartiers de Sunset et de Cleveland étaient de petits quartiers tranquilles où il faisait bon vivre. De nombreux particuliers y ont construit
leur antre, plus ou moins modestement. Mais aujourd’hui, ces endroits sont considérés de manière privilégiée.
Les prix de l’immobilier ont
flambé : un million de dollars pour une maison individuelle. Si bien que les jeunes qui entrent dans la vie active ne peuvent s’offrir un tel luxe et se résignent à vivre en appartement. A
moins d’être riche, à moins que des parents ayant construit avant cette ascension exponentielle ne cèdent leur bien à leurs descendants.
Kathy rajoute que Vancouver
est l’une des dix villes les plus chères du monde.
C’est donc dans ce bain favorisé que je déambule en contemplant les architectures variées et semblables à la fois, pour rejoindre mon école d’accueil.
Sqwamish reserve
La sqwamish réserve est un quartier de Vancouver le long d’Edgemond road. Ce pâté de maisons est habité
exclusivement d’indiens. Pour y vivre, il faut être natif de la communauté.
Downtown
Chaque jour, nous longerons Downtown pour y faire nos emplettes, pour y convenir d’un rendez-vous, où simplement pour y passer ! C’est là que nous prendrons le seabus à chaque fois…
Chapitre III : L’Asie à portée de pas
A bord du Seabus, qui comme son nom l’indique, est un autocar aux allures
marines qui vogue sur les flots, je songe à la journée qui m’attend. Fascination devant la grandeur américaine, peur de l’inconnu à découvrir, peur aussi d’être déçue : j’attends tellement
de ce périple… J’attends qu’il m’emplisse le corps tout entier,
l’esprit et les sens en éveil. Ce bus qui n’en est pas un, pas plus qu’un bateau, d’ailleurs, nous emporte de Lonsdale Quay vers Downtown.
Nous arrivons à Gastown, où la Steam clock fait toujours son effet. Nous irons déjeuner dans Chinatown. Il faut savoir que toutes les
grandes villes du continent du Nouveau Monde ont des quartiers regroupant des minorités ethniques, et Vancouver n’échappe pas à la règle.
Sensation étrange, je ne sais plus lire, je ne comprends plus rien. Des couleurs rouge et or décorent les lieux, des idéogrammes nous invitent à commander le menu. J’opte pour une fishball soup. On me sert un bouillon de vermicelles avec quatre boulettes de poisson. Le goût est extra, mais la texture caoutchouteuse me laisse perplexe. J’ai encore le ventre à moitié vide quand nous plions bagage pour déambuler dans le jardin du docteur Sun Yat Sen. Malheureusement, le temps plus que pessimiste et les portes closes des lieux nous obligent à rebrousser chemin. Nous nous replions vers une activité maîtrisée : le shopping. Direction un superstore géant où nous faisons la connaissance de Super Jack. Le but du jeu est simple : il suffit d’être photographié en cette héroïque compagnie pour éventuellement gagner 50 000 dollars. Apparemment, j’ai perdu.
Profusion commerciale, société de consommation, voilà le credo de
cet après-midi. Finalement, nous repartirons les sacs vides et le porte-monnaie toujours plus ou moins bombé, conséquences d’un mode de vie qui semble se vouloir cher. En tout cas, trop pour
nous. Un petit tour chez Sears, juste pour performer une acuité visuelle parfois défaillante, et nous nous dirigeons d’un pas rapide, rythmé par le bruit des cordes de pluie qui se brisent sur le
bitume, vers l’International Center.
La vie semble organisée en quartiers dont les critères sont basés sur des appartenances ethniques. Est-ce vrai ? Je ne sais pas, c’est ce que j’en ai ressenti. Un contraste des classes sociales, entre les rues sombres et taguées des quartiers pauvres et les petites propriétés bien entretenues et brillantes des quartiers riches.
Chapitre IV : L’océan Pacifique
Il est quatre heures du matin. Décalage horaire aidant, le coq pourrait chanter à tue tête. Une heure plus tard, je décide de me lever et d’aller me balader dans le voisinage. En bas des escaliers, Kathy est déjà levée. Elle me propose d’aller faire cette balade du côté de l’océan Pacifique. Magnifique idée. Impressionnante aussi. Une foule de joggers se purifie avant d’encaisser les tourments d’une vie de travailleur. La gente canine aussi fait ses exercices à ces heures-ci. Mais pas sur le même bout de macadam. Il existe deux voies, une pour les humains, l’autre pour leurs amis poilus.
Nous nous contenterons de marcher pour mieux observer le paysage, ce qu’il est impossible
de faire en courant, ça va trop vite. Ici, de vieilles petites maisons de bois, à la Davy Crocket. Plus loin, de grands buildings construits par un célèbre architecte new-yorkais dont j’ai oublié
le nom. En revanche, je me rappelle du montant du loyer à verser chaque mois : quelques 2 000 dollars pour se réveiller par les vagues du Pacifique. Plus loin encore, des troncs
d’arbres, refoulés depuis la rive d’en face par les vagues. Et puis remue ménage des éléments naturels, nous constatons les dégâts occasionnés par la tempête qui a sonné notre arrivée sur le
continent.
Sur wreck beach, le paysage est quasiment identique. Sauf qu’ici, il s’agit d’une plage de nudistes. Nous sommes en février et donc il n’y a pas foule… Nous oserons pourtant un bain de pieds dans l’eau gelée. Brûlant !
Nous pousserons jusque sur la route de Cypress, où
nous nous arrêterons pour observer un panorama de ce paysage qui n’inspire que plénitude et sérénité tellement c’est beau ! La route continue et nous dépose sur Atkinson point où nous aurons
à loisir d’escalader les rochers et se prendre pour Davy Crockett. Juste là, au sommet de la colline, un aigle pêcheur tente de débusquer son déjeuner pendant qu’un voilier dessine de jolis
sillons sur l’océan doré par les rayons doucereux du soleil, entre un petit phare et une forêt d’arbres. En redescendant, nous suivrons les lignes téléphoniques qui circulent dans les
arbres.
Direction Horseshoe bay, pour déguster les célèbres fish ans chips. Personnellement, j’opterai pour un veggie
burger. Mais il se fait tard, et nous regagnons le sud de la ville, en direction de Cates park où nous ferons la connaissance de pêcheurs de crabes coréens. Ils nous expliqueront comment pêcher
les crustacés, comment les sélectionner pour préserver la prospérité de la race, comment les cuisiner… C’est tout un remue-ménage sur le ponton : les coréens s’affairent, les crabes
gambadent sur le bois, les goélands guettent un moment d’inattention pour s’emparer d’un crabe qui ripostera avec ses pinces… Et pour couronner le tout, 15 français qui viennent mettre la
pagaille dans tout ça ! Nous décidons de partir, sous le rose du ciel pour guetter le crépuscule rafraîchissant de Deep cove.
Deep cove est une petite anse qui protège un petit port de plaisance où de nombreux propriétaires du quartier laissent leurs petits voiliers. Tout autour, de la forêt. Dans le même genre, il y a Granville island.
Mais en complètement différent ! Exit les forêts, open les buildings de verre. Les petits voiliers de plaisance se
transforment en véritables yachts 8 étoiles. Il doit y avoir beaucoup de cravates qui se cachent dans les parages.
Chapitre V : Les canyons et forêts
Dire canyon, ce n’est pas
forcément tourner ses pensées vers le sable rouge le long de la route 66. En anglais, ce mot qui fait rêver signifie simplement gorge. Comme nos gorges de l’Ardèche par exemple. Ca laisse moins
songeur comme ça ! Tout ceci pour dire qu’il y a des canyons à Vancouver. Nous gagnons d’abord Capilano river en espérant contempler les saumons et leurs fatidiques sauts pour remonter les
rivières. Mais à cette période-ci, seuls les bébés dans un espace d’élevage se montrent au public. Ce n’est pas grave. Le vol d’un aigle pêcheur minimise notre
frustration.
L’environnement est très humide. Et les pluies diluviennes de la veille n’ont rien arrangé. Le lichen pousse sur les arbres. Les troncs sont verts fluos. Nous venons de débarquer au pays des martiens. Et à la différence de nos forêts qui sont nettoyées et entretenues par nos forestiers, à Vancouver, la nature règne avec un grand N. On laisse Mère Nature faire à sa guise. Les arbres tombés, de vieillesse ou d’assassinat tempétueux sont laissés tels. Alors de jeunes arbres poussent sur les troncs morts. La végétation est si dense dans les canyons que la lumière y pénètre par fins filets. Il fait presque nuit. Les arbres sont noirs, avec un contour verdâtre de lichen et entre, un rai solaire. C’est fabuleux. Ca sent si bon. Ca sent la terre, ça sent l’herbe, tout respire le bonheur et la quiétude.
Grand’Pa Capilano a 350 ans et il mesure 60 mètres. Il est si haut que sa cime est invisible si l’on n’est pas oiseau. Pire encore. Lorsqu’il fêtera son millénaire, il atteindra les cent mètres. Juste au dessus, un autre aigle. Il frôle presque nos têtes.
Je ne suis pas au bout de mon émerveillement devant tant de grandeur et d’immensité. Un peu plus loin, seul passage obligé pour s’extraire de la forêt : Capilano Suspension Brige. Un pont de 300 mètres de long environ, suspendu à presque 100 mètres du sol. Je suis légèrement casse-cou et je n’ai pas du tout le vertige. Je m’en donne à cœur joie. J’arpente dans un sens puis dans l’autre, je sautille sur ces planches de bois comme un nouveau né qui voit le jour pour la première fois. C’est l’extase.
De l’autre côté, un point pédagogique : les ours, les loups,
les saumons, les aigles… Le cycle de la vie. Et encore des ponts pour traverser la forêt d’arbres en arbres. Le sol est plus que marécageux dans ces lieux humides et pour ne pas se laisser
prendre dans la boue il n’y a pas trente six solutions. Et puis, c’est bien plus amusant comme cela.
Avant de quitter la forêt de Capilano, un dernier clin d’œil aux amérindiens et le respect humble d’une occidentale en admiration devant des totems. Là je repense à un souhait irréalisé de petite fille : non je ne serai pas Princesse plus tard. J’aurai de longs cheveux noirs noués de plumes multicolores et chatoyantes. Je porterai un pantalon de cuir avec les franges les plus longues du monde et je marcherai en santiags. J’ai juste les santiags. Et c’est pas des vraies de vraies. En plus.
Des canyons, il y en a à tour de route. Outre celui de Capilano, celui de Lynn Valley vaut aussi le détour. Il y fait sombre tellement les arbres sont hauts et rapprochés ! Certains ont des cavernes dans leurs troncs… Ces dernières acceptent notre passage et nous dévoilent populations en tout genre. Araignées surtout. Du moment qu’il n’y a pas d’ours, ça nous va !
Tout au long de mon séjour, je me rendrai à l’école par divers chemins, empruntant nombreuses forêts ! Tantôt en marchant sur des troncs d’arbres, tantôt en sautant de pierres en pierres… Vancouver offre un naturel assez incroyable. Ville jeune de 100 ans, faite d’infrastructures modernes, elle a su préserver ses forêts et canyons au cœur même de la ville, grâce à des ponts et détournements de routes. J’ai ainsi eu tout à loisir de flâner au milieu des squirrels dans Mosquito creek, William Griffin park, McKay creek park…
Chapitre VI : Les montagnes
Seymour, Cypress, Grouse… Nous les avons toutes visitées ! Mais celle qui retiendra un morceau de notre cœur dans ses rochers, s’appelle Whistler. Le sport de prédilection, je vous le donne en mille… La glisse ! Surf, ski, bobsleigh, hockey sur glace… La station est en émoi. En 2010 elle accueillera les Jeux Olympiques ! Balades en raquettes, shopping, parapente… Tout est possible ici ! On respire un air que l’on sent qu’il est pas pollué ! Ca sent bon les arbres, pis la neige et les cours d’eau… Les poumons implosent, explosent, on ne sait même plus !
Chapitre VII : Victoria
Pour se rendre dans la capitale depuis la ville de Vancouver, il faudra traverser un bras de l’océan en ferry. 110$ la traversée. Comme les bateaux sont en général bondés, il nous faudra arriver très tôt pour faire la queue. Donc, 2h d’attente à tapoter « trois p’tits chats… » comme des maternelles.
Sur le ferry, nous sommes accompagnés par des vols de mouettes et goélands. C’est beau, mais ce que nous guettons, ce sont les orques ! Nous verrons des otaries, des hydravions… Tout un tas de choses, mais des orques… Tant pis. Nous chanterons pour oublier ce petit désagrément : « Etoile des neiges… Mon cœur amoureux… » Et tout le long, des petites maisons de bois, des chalets de Davy Crocket, des bungalows et ranches, au son de la musique country. C’est vraiment magnifique.
A Victoria, nous ferons une halte obligée au parlement de la Colombie britannique. Comme de nombreux édifices représentant l’Etat, dorures,
peintures détaillées de partout ornent les murs, sols et plafonds.
Le reste de notre journée sera faite de musées et de magasins.
Chapitre VIII : Les parcs et musées
M.O.A. : Museum of Anthropology
Là, nous entrons dans un monde de monstres. Les totems sont plus effrayants les uns que les autres, pourtant, ils sont ainsi sculptés en hommage à la nature, aux animaux et à leurs ancêtres. Le tout formant un melting-pot sacré dans les esprits animistes des indiens. Nous retiendrons un seul nom, celui de Mungo Martin, un blanc qui a su l’intégrer dans la communauté indienne sans la dénaturer ou l’influencer. Au contraire.
B.C.M. : British Columbia Museum, à Victoria
La visite est divisée en trois grandes parties. Au rez-de-chaussée, un hommage aux années 70 : affiches de woodstock, photos noir et blanc de vedettes idolâtrées,
telles que les Beatles, Aretha Franklin, Janis Joplin & co. Il est impossible de passer dans remarquer la très peinturlurée Rolls Royce de John
Lennon.
Au premier étage, un squelette d’orque nous invite à entrer découvrir la diversité animale d’Amérique du Nord. Mammouths, otaries, phoques, ours, caribous, chouettes,
aigles, nubous, mais aussi étoiles de mer, bernard lhermitte etc.
La partie de la visite qui m’a le plus fascinée reste sans conteste possible l’étage réservé à l’étude des
civilisations indiennes et de l’évolution de l’homme. On y découvrira de pénétrants portraits de qwakwaka wahk, peuple indien vivant dans des huttes à moitié enterrées, la pierre de l’homme,
cailloux portant une empreinte de corps. La légende veut qu’un homme tombé du ciel s’écrasa sur cette pierre, laissant ainsi sa marque. Curiosité, l’homme aurait survécu… Et l’évolution suit son
cours, nous quittons kayaks pour un train à vapeur qui nous déposera en plein far west, dans un saloon, auprès d’Elisabeth.
Stanley park
Mariage plaisant de totems, de modernité et d’animaux en liberté, Stanley park est un morceau
de terre immense, détachée du continent et entourée d’eau, liée à
la côte par un pont. Lions bridge. Comme tout le Canada, c’est magnifique, une vraie leçon d’entretien respectueux de la nature. On y voit des racoons et des squirrels en grand nombre. Même des
otaries géantes. Les grizzlis ? Ils hibernent, malheureusement ! Un bémol, tout de même… Quand on se retrouve à 2h du matin, dans Stanley park parce qu’on s’est gourré de route et
qu’une grosse bête qui ressemble à un sanglier se met en travers de votre route, il parâit nettement moins sympathique, cet endroit. Je sais, me direz-vous… Que faisions-nous à cet heure à cet
endroit ? Perdus, je crois bien.
Chapitre IX : A little bit of fun
Pêle-mêle, voici quelques observations, expériences...
Les panneaux de signalisation sont orientés dans le sens de la rue. Avec deux rues, je veux bien, avec 10, c’est moins facile !
Les gens sont super bien élevés ici, franchement, y a quelques leçons à prendre ! Genre : contrôleur de bus ? Ca n’existe pas, pour quoi faire ? Dans les rues, pas de mégots, pas de poubelles, pas de tags.
Par contre, ce qui est un peu embêtant… Que des Starbuck’s. Le seul bistrot, c’est le Raven. Pour une bière,
faut montrer une pièce d’identité, même si on a une barbe blanche jusque par terre et une canne. Et pis, un conseil, ne buvez jamais de Ceasar là bas, sauf si vous aimez le jus de ketchup au
poivre et piments avec 2 haricots qui flottent à la surface.
Mais sinon, au Raven, c’est génial ! D’ailleurs, un soir, on leur a fait goûter aux délicieuses mélodies alsaciennes grâce à Isabelle notre chanteuse nationale. Une
guitare, et hop ! La voilà vainqueur du concours de chant !
Les véhicules sont tous plus gros les uns que
les autres, ou bien plus de collection les uns que les autres… Sauf
notre voiture de location qui tombera en panne sur la plage. Porte mal fermée, comme c’est tout de l’électronique, batterie déchargée… Pas grave, nous profiterons davantage du sable et des
balançoires en attendant le réparateur.
Seabus, schoolbus, trolleybus, tout sera testé ! Même la deuch à Bev ! Il fait sensation dans le quartier ! Nous n’aurons juste pas tenté les camions
Quel étalage ! Les oignons ont la taille de nos oranges et les olives ressemblent à des abricots, sans la couleur. Les bonbons, riz, lentilles et autres denrées sèches
se trouvent dans des bonbonnières géantes. On prend un sachet plastique, on ouvre le robinet, et on se sert. Imaginez cela en France : les gens cuisineraient sur place tandis que les enfants
se goinfreraient sans se cacher. Mais la surprise n’est totale que lorsque nous découvrons que les boissons alcoolisées, quel qu’en soit le degré, ne sont pas vendues dans les magasins
d’agroalimentaire. Il existe des supermarchés spécialisés, qui ne vendent que du vin, dans des bouteilles en plastique de deux litres. Et quel que soit l’âge de l’acheteur, présenter une pièce
d’identité est une condition sine qua non.
Et si à 5h du mat’ vous décidez de courir le long de l’océan en compagnie de
votre chien, vous serez déçu… Il existe un passage spécial humain et un passage spécial canin…
Avez-vous remarqué cette maison en forme d’escalier ?
Les burgers et les oignons vont et viennent naturellement. Plus que la compréhension des menus qui nécessite parfois une aide extérieure… Celle de Robert, par exemple.