Partager l'article ! Cleveland school, à Vancouver: Chapitre I : E.F.I.V. Chapitre II : Les universités U. ...
Chapitre I : E.F.I.V.
Chapitre II : Les universités
U.B.C. : University of British Columbia
S.F.U. : Simon Fraser University
Chapitre III : Cleveland school
L’accueil
Premier degré
Troisième degré
Séances de classe
Chapitre IV : Juste pour les citer
Chapitre I : E.F.I.V.
Ecole Française Internationale de Vancouver. Difficile d’en faire partie. Mais une fois qu’on nous a laissé y poser le pied, voyager dans toute l’Amérique du Nord, vaquant de postes en postes est une formalité.
Ici, à Starlight, il y a cent dix élèves et vingt-deux
employés. Une moyenne de six à quinze élèves par classe (et quelles salles de classe ! On pourrait y circuler en voiture !) pour des niveaux de la maternelle à la sixième. Ici, on ne
parle pas de maternelle, mais de garderie. Même si on y fait la même chose que chez nous. Ensuite, le CP se traduit par le 1er degré. Et ça monte en crescendo jusqu’au 6e degré, équivalent de
notre sixième. Ensuite, les jeunes canadiens quittent l’école primaire pour aller au collège. La plus petite école du Canada compte 14 élèves… Ca laisse songeur un minimum.
Les enseignants sont rémunérés par les établissements pour lesquels ils s’investissent. Le salaire est donc variable. A l’E.F.I.V., une moyenne de 35 500 dollars à laquelle s’ajoutent 500 dollars supplémentaires par année d’ancienneté en France. Par exemple, à San Fransisco, notre interlocuteur empochait 42 000 dollars.
En Amérique du Nord, le salaire d’un enseignant est deux à trois fois plus élevé que celui d’un médecin. Revers de la médaille : nombreuses réunions, 35 heures de travail en 3 jours.
Le directeur d’école est plus un chef d’entreprise qu’autre chose : les parents payent (ici 7 300 dollars par an) pour l’instruction de leurs enfants. Ce sont donc des clients à part entière qu’il faut satisfaire. Business is business. Outre des fonctions de cadre commercial, le directeur est aussi, légalement, le supérieur hiérarchique de ses enseignants. C’est lui qui inspecte et qui note. Il n’est donc pas rare qu’un enseignant soit licencié suite à des remarques négatives de parents mécontents. Marcher sur des œufs. L’école est gérée par le conseil d’administration, élu par les parents…
Pour venir enseigner au Canada, quand on est français, il faut postuler par curriculum vitae. S’en suivent un entretien et une demande de détachement. Avoir un minimum de quatre ans d’expérience est nécessaire pour intégrer le corps enseignant canadien pour une durée de trois ans. Pour postuler, il faut également être titulaire de son poste en France.
L’A.E.F.E. (Agence des Enseignants de France à l’Etranger), établissement conventionné, est la voie royale prisée par beaucoup pour rejoindre le programme d’échange de poste au niveau international. Evidemment, les pays les plus faciles à intégrés sont les moins demandés, ça coule de source. Sur le site de cette agence, la liste des écoles françaises homologuées où on propose des postes est disponible.
Chapitre II : Les universités
U.B.C. : University of British Columbia
Nous sommes accueillis par des apprentis enseignants. Au Canada, il n’y a pas d’I.U.F.M. ou équivalent, les étudiants se forment à l’université. Pour les remercier de leur accueil, nous leur montrons un powerpoint expliquant l’organisation du système scolaire français, depuis la maternelle jusqu’aux études supérieures, en passant par la filière professionnelle. Nous terminons cet exercice difficile par un peu de légèreté avec un DVD de photos sur l’Alsace, notre terroir et nos traditions.
S.F.U. : Simon Fraser Univesity
Cette université où on peut, tout comme à U.B.C. obtenir un diplôme d’enseignant, est construite au milieu des montagnes. Deux heures de bus à grair la montagne
sont nécessaires ! Tout autour, des sommets enneigés. J’ai l’impression d’être dans un remake des rivières pourpres sans l’épisode thrillhorrifique. A S.F.U., c’est la fête. Des hauts
parleurs diffusent de la techno-dance pendant que les étudiants s’adonnent à un rituel peu enviable : il y a, devant le bâtiment, un grand point d’eau vaseuse. Gelée par bien des endroits,
d’ailleurs… Et les étudiants s’amusent à y être jetés en maillot de bain… Cinq fois de suite… Le but ? N’en savons rien !
Retour dans les locaux de l’université o nos homologues canadiens nous apprennent chants et danses… En fait, ils nous font une séance de sport comme ils en feraient à leurs élèves. Pour nous montrer leur méthode pédagogique, mais aussi pour nous en apprendre un peu plus sur leurs chants et danses traditionnels.
Nous finirons la journée une bière à la main, en terrasse de l’amicale.
Chapitre III : Cleveland school
L’accueil
Le matin, à 8h30, ce sont les enfants qui font la circulation et qui accueillent leurs camarades. Vêtus d’un veston orange réfléchissant, de panneaux STOP et de plots en plastiques, ils obligent les véhicules à rouler au pas et à s’arrêter pour laisser traverser les piétons. Pendant ce temps, l’équipe enseignante est en salle des maîtres et petit-déjeune.
Les élèves entrent en classe à 9h. D’eux-même. Lorsque l’enseignant arrive, mug de thé à la main, les enfants sont assis et attendent que la classe commence. Rebelotte à 10h. La récréation n’est pas surveillée. Pourquoi faire ? Les enfants font du toboggane t de la balançoire tranquillement ! Fin des classes à 12h. Une heure de pause où les enfants déjeunent en classe d’une part de pizza apportée par le lireur tandis qu’un mégaphone de chez Cora leur raconte histoires, blagues et informations en tout genre. A 13h, au retour du professeur, les élève sont en attente comme si rien ne s’était passé durant l’heure précédente. Et la classe recommence, jusqu’à 15h, fin de la journée.
Premier degré
La classe du 1er
degré est constituée d’enfants de six à sept ans. Chaque jour, il y a un responsable nouveau. Il endosse le rôle du maître : au tableau, muni d’une baguette en bois, il pose des questions et
interroge ses camarades en tirant un bâton de glace dans un pot à crayon, bâton sur lequel le nom d’un enfant est inscrit. L’enfant répond à la question et tout le groupe est invité à répéter la
réponse. Cet élève apprenti-adulte se charge de faire donner par un camarade la date, la météo, le nombre de jours de classe depuis la rentrée, le nom du jour précédent, le nom du jour suivant.
Puis, en numération, il demande à ses camarades de trouver une équation dont le total fait sept, par exemple. Ensuite, les élèves s’entraînent à compter de cinq en cinq et de dix en dix jusqu’à
cent.
Ensuite, on chante
sur l’air de Frère Jacques, des paroles de circonstances. Au Canada, on fête le jour de la marmotte. Voici les paroles : « Petite Marmotte, Petite Marmotte, Sors du trou, Sors du trou,
Est-ce qu’elle voit son ombre ? Est-ce qu’elle voit son ombre ? Qu’en penses-tu ? Qu’en penses-tu ? » Après avoir répété tous ensemble, la classe est divisée en deux
parties pour une exécution en canon à trois voix, la troisième voix étant interprétée par l’enseignante.
Après quoi, les élèves s’appliquent pour chasser les nombres
et équations qui trottent dans leurs têtes, et les
remplacer par des phonèmes et graphèmes. Aujourd’hui, comprendre l’association existant entre le son [c] et les écritures « c » et « k ». On cite en témoin un koala, une
cloche, une carotte, un clown, un cœur, un cochon, un kangourou, un canard, un crocodile, un camion et un crayon. Puis, pour bien mettre les points sur les « i », on associe à
l’écriture du mot sa représentation imagée. On dit le mot, on l’écrit, on dessine sa représentation, et le tour est joué !!!
Au retour de la récréation, Maria divise sa classe en groupes de quatre à cinq élèves pour une séance de lecture guidée qui débute par une lecture silencieuse puis une autre, collective cette-fois.
Troisième degré
Larry, un enseignant anglais parlant un français extraordinaire m’explique qu’il n’y a pas de manuels. Les enseignants ont quelques lignes de programme et se débrouillent avec cela. Neuf heures sonnent. Il est temps de rejoindre la classe. Surprise : les élèves sont déjà installés à leurs tables et attendent l’arrivée de leur maître en silence. Ensuite, Larry les invite à venir s’asseoir sur un tapis, devant le tableau, pour leur souhaiter la bonne journée et pour me présenter.
Séances de classe
Avec les maternelles de la classe d’Aubure j’ai fait un DVD d’une semaine de classe pour montrer le dispositif français. Les élèves sont heureux de voir tout ce qui est proposé chez les tout petits.
Ensuite, je leur lis un livre : Elmer à Aubure, que nous avons créé de toute pièce. Les canadiens aiment cette histoire qui se déroule dans les montagnes enneigées des sommets alsaciens. Ils sont épatés de voir le niveau de langage adopté par des enfants de 4 ans. Il faut dire que le français est notre langue maternelle, tandis qu’eux, s’ils font classe en français, les apprentissages sont moins évidents puisque la langue maternelle est l’anglais.
Après quoi, petit cours de géographie de la France pour placer
les différentes images qu’ils auront vues sur un diaporama des traditions et du terroir alsacien et français.
Moment de rupture, les élèves font le tour de l’école en courant. Au retour, on leur explique le déroulement de la journée.
Le projet pour les 15 prochains jours a pour objectif la
construction d’un ballon de soccer en papier et en 3D à l’aide de pentagones collés les uns aux autres. Sur chaque face géométrique, les élèves auront différentes tâches à réaliser. En premier
lieu, le choix d’une planète du système solaire. Ils auront à la représenter, à inventer un texte à son sujet, à effectuer un résumé à l’aide de données astronomiques pour s’instruire
etc.
Soudain, Larry Admunsen, le maître, éteint la lumière. Le silence se fait alors et tous les élèves viennent s’installer à leurs places. C’est maintenant un moment
d’expression écrite. Chacun écrit sa propre histoire, la découpe en paragraphes, l’illustre et la relie. Le livre est fait. Il aura fallu quelques séances pour cela. Les livres sont ensuite
exposés dans une mini bibliothèque de la classe et chacun pourra emprunter n’importe quel livre et y laisser des commentaires.
Pour la construction du livre, les élèves disposent de la planche suivante :
A 11h, il est temps de passer aux maths. Hier, ils ont étudié les diagrammes à bandes avec les anniversaires. Aujourd’hui, ce seront les pictogrammes avec les crèmes
glacées. On explique le but du pictogramme : obtenir des informations sans pour autant lire.
Dans un premier temps, les élèves partent à la pêche aux infos à l’aide d’une feuille de pointage. Quatre questions : film, dessert, animal et sport préféré. Pour chaque question on propose quatre réponses possible : par exemple : « Quel est ton sport favori ? La crosse, le soccer, le hockey, le golf ? » Les élèves circulent et s’interrogent les uns les autres. Après le dépouillement, ils construisent chacun leur pictogramme :
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Crosse |
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Soccer |
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Hockey |
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Golf |
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Ceux qui ont fini les activités de la journée peuvent aller d’eux-mêmes faire autre chose : un dessin à sa table, un jeu éducatif sur l’ordinateur, une lecture libre au coin lecture…
Ce qu’il y a d’étonnant dans la classe,
c’est que les élèves savent faire preuve d’une très grande autonomie. Ils n’ont pas besoin qu’on réclame le silence, ils n’ont pas besoin d’être recentrés sur leur travail. Ils effectuent leur
tâche où ils veulent. Certains ont continué l’écriture de leur livre couché par terre où à cheval sur une table basse. Ils ne regagnent leurs tables de travail que lorsque la séance nécessite
l’accomplissement d’un exercice évalué.
L’après-midi l’activité prédominante sera consacrée au jeu de la crosse. La salle de sport se situe dans l’enceinte de l’établissement, au bout du couloir. Nul
besoin de se rendre dans une salle sportive du village à pieds. Les élèves installent le matériel et s’entraînent sans qu’on leur ait demandé quoi que ce soit. Puis un responsable se dirige vers
les vestiaires pour chercher le matériel. Celui qui aura le plus de mal à se parer sera le gardien de but. Et les matches commencent. Comme chez nous, on boude un peu les filles et les garçons en
surnombre font comme s’ils étaient seuls au monde. Bien entendu, l’œil averti de Larry saura remettre de l’ordre dans la condition des jeunes filles dans la pratique sportive du jeu de la
crosse !
Chapitre IV : Juste pour les citer
Nous étions une troupe de 14 personnes, réparties dans différentes écoles, de différents niveaux, et de langue différente. De la garderie des tout petits jusqu’au 5e niveau (équivalent du CM2), des classes françaises aux classes anglaises en passant par les classes bilingues, du nord au sur et de l’est à l’ouest de la ville…
Ces écoles ont pour nom… Breamar, Cleveland, Larson, Ross road