Quand on part en vacances, il est de tradition d'envoyer à ses amis ou connaissances une carte postale afin de leur faire partager la beauté de son voyage.
Celle que je veux vous adresser vient de l'extrême nord de la Thaïlande, d'un endroit appelé Mae Saï , à
la frontière avec la Birmanie.
Là, si l'on sort un peu des sentiers touristiques traditionnels, on peut traverser de petits villages peuplés de quelques centaines d'âmes.
Parmi eux, une tribu d'origine tibéto-mongole qu'on appelle les Karens.
La plupart d'entre eux sont des réfugiés déjà anciens qui viennent de la Birmanie voisine qu'ils ont fuie. Ils vivent paisiblement de petit commerce et d'agriculture autarcique dans le respect et
la pratique de leurs traditions.
A quelques kilomètres de là, de l’autre côté du Mékong, en Birmanie, d’autres Karens n’ont pas la chance de leurs compatriotes. Ils vivent quotidiennement, au nom de je ne sais qu’elle pureté ou
primauté de race, l’enfer de l’épuration ethnique menée par les autorités birmanes.
Les soldats birmans attaquent leurs villages qu’ils pillent et brûlent après avoir brutalisé et violé femmes et enfants… Une poignée d’hommes courageux regroupée en armée de libération qui n’a
d’armée que le nom essaie en vain de résister et de protéger la population… sans aucune aide ou soutien extérieur…
Et tout cela dans l’indifférence quasi générale du monde entier… à commencer par les pays voisins que sont la Thaïlande et le Laos…
Pire que cela, lorsque quelques fuyards chanceux réussissent à échapper au rouleau compresseur birman en réussissant à franchir une des frontières les plus hermétiques du monde
ouverte une heure par jour, ils sont manu militari renvoyés dans leur pays où l’on imagine aisément le sort qui leur est réservé…
Tout cela au nom d’une politique d’immigration maîtrisée, choisie… avec ou sans quota… cela n’a ici aucune importance…
Cela n’est pas sans me rappeler quelque chose…